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°1, item

lambourde, peinture, miroir

30 x 30 x 30 cm

Big City Life 1.2

lambourde, peinture, miroir

160 x 100 x 130 cm

Big City Life rappelle deux pièces de 2018: Je ne souhaite pas le sauver mais le changer ainsi que Miroir, Miroir. Elles encadrent Même pas mal qui nous renvoie à l’apparition du miroir dans le travail d’Anouchka Perez. En 2015, peu avant les premières lambourdes noires, on trouve déjà dans l’oeuvre de l’artiste des reflets à l’intérieur de pièces circulaires. Ils ne renvoient d’abord qu’à eux mêmes, puis lorsqu’ils sont placés à l’extérieur qui camouflent les sculptures dans leur propre contexte. Les miroirs se tournent alors vers le spectateur, le fragmentant au milieu, entre, autour d’un mot, dans des lettres. C’est à ce moment que le bois cesse d’être brut et devient noir. L’alternance de ces deux matériaux crée alors un clair obscur qui rappelle le théâtre et rythme plus nettement les oeuvres de vides et de pleins. Dès lors, on assiste également à deux mouvements: rapidement, les surfaces réfléchissantes prennent du relief simultanément à une expansion progressive des structures; Big City Life en est l’aboutissement actuel.

Quelle est donc cette grande ville que surplombe le spectateur, que s’y passe-t-il, quelle vie l’habite? Il s’y imbrique autant de grands espaces que de contiguïté, les ombres semblent vouloir raconter quelque chose. Elles se comportent comme des surfaces et semble devenir les indicateurs géométriques d’instants hypothétiques et figés. Les mots, présents uniquement dans le titre, transforment les lambourdes en immeubles, les espaces en ruelles, les toits en vide, en ciel, en spectateur. Les miroirs ne se regardent pas, il ne sont pas murs, ils se tournent vers le haut. La ville semble silencieuse, anonyme.  Miniature minimaliste, elle invite à la narration, au rêve et à la projection. C’est le regardeur qui va devenir reflet et remplir la ville. L’artiste nous offre une expérience intime questionnant à la fois nos représentations et notre place dans un milieu aussi fragmenté que cohérent, aussi insaisissable qu’évident, familier lors de sa découverte.

Eloi Meylan