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Big City Life

lambourde, peinture, miroir

150 x 150 cm

© Charles de Senarclens

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Miroir, miroir

lambourde, peinture, miroir

22,5 x 30,5 cm

© Charles de Senarclens

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Sans titre

lambourde, miroir

365 x 21 cm

© Charles de Senarclens

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Sans titre

200 lambourdes

600 x 250 x 350 cm

Ferme de la Chapelle, Genève

© Charles de Senarclens

Même pas mal

lambourde, peinture, miroir

25 x 35 x 45 cm

Je ne souhaite pas le sauver mais le changer

lambourde, peinture, miroir

88 x 88 cm

Villa Dutoit, Genève

Le faisceau de lambourdes, tantôt plates et noires, tantôt biseautées et miroitantes, crée une surface qui se fait espace, à la géométrie proche de l’organique; tapisserie impossible au relief abrupt, paysage épineux, foule qui se bouscule. Le vide, le plein permutent et dialoguent de matières brutes et de reflets précaires.

Je ne souhaite pas le sauver mais le changer. appelle tant au cynisme qu’à l’espoir vis-à-vis d’une réalité que l’on peut refuser et, par là même, transmuter. Le biais des miroirs vient alors trancher avec toutes représentations évidentes, les faisant éclater en centaines fragments. Autant de reflets, autant d’invitations aux spectateurs à se laisser changer, pour finir par se recomposer sous d’autres regards, porteurs d’interprétations nouvelles.

Eloi Meylan

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Droit dans le mur

lambourde

500 x 300 x 400 cm​

Musée Alexis Forel, Morges

Le travail d’Anouchka Perez se focalise sur le langage. S’appliquant à déconstruire lettres, mots et textes, l’artiste met à jour des sens nouveaux. On trouve dans ses oeuvres un fort lien entre forme et sens. Loin de s’illustrer mutuellement, la première vient modifier le second qui peut déclencher une réflexion sur la première, créant une spirale d’interprétation qui cumule petit-à-petit les niveaux de lectures possibles. Des espaces sont soustraits aux mots, les rendant parfois méconnaissables, créant une absence au sein même du signe et un doute chez le spectateur. Par le biais de récits tissés, de lambourdes, de peinture noire et de miroirs la plasticienne décompose le référent de communication qu’est le langage, pour le transformer en élément protéiforme qui ne manquera pas d’interagir avec le spectateur. De terrain d’entente, les mots  s’émancipent des conventions pour devenir des doutes fertiles.

 

Pourtant ici, pas de mots, mais une construction éclatant dans l’espace. Les lambourdes, sur lesquelles on pourrait s’attendre à trouver un mot, sont nues. Structure brute, écrin sans joyaux ou allégorie du langage même? Comme lui, elle est à la fois solide et cohérente mais laisse la part belle à l’interprétation et à l’aléatoire. Une construction apparemment chaotique qui envahi un lieu de passage et de repos, nous amenant à voir l’espace avec un autre regard. L’oeil tente de suivre, de s’y retrouver, son errance n’en sera que plus attentive. Comme dans ses oeuvres plus textuelles, l’artiste invite le spectateur à sortir des conventions, à se perdre dans l’inexploré ou à deviner l’oublié pour finir par s’y refléter et y réfléchir.

Eloi Meylan

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Beyond all reasonable doubt

balsa, peinture

534 x 1100 cm

Architecte RDR

Rhodanie 58, Lausanne

© Charles de Senarclens

RH58

 

Beyond all reasonable doubt d’Anouchka Perez rappelle une jeune pièce de 2008, aussi monumentale que celle-ci. On pouvait y voir des textes augmentés d’analyses et de commentaires en couleur, composante disparue de son oeuvre depuis 2011. Dix ans plus tard, si l’intérêt de l’artiste pour le langage reste inchangé, la déconstruction qu’elle y applique n’en est que plus extrême. S’appliquant à déconstruire lettres, mots et textes, l’artiste met à jour des sens nouveaux. On trouve dans ses oeuvres un fort lien entre forme et sens. Loin de s’illustrer mutuellement, la première vient modifier le second qui peut déclencher une réflexion sur la première, créant une spirale d’interprétation qui cumule petit-à-petit les niveaux de lectures possibles. Des espaces sont soustraits aux mots, les rendant parfois méconnaissables, créant une absence au sein même du signe et un doute chez le spectateur. Par le biais de récits tissés, de lambourdes, de peinture et de miroirs la plasticienne décompose le référent de communication qu’est le langage, pour le transformer en élément protéiforme qui ne manquera pas d’interagir avec le spectateur. De terrain d’entente, les mots s’émancipent des conventions pour devenir des doutes fertiles.

 

Habituellement, la complexité du langage est mise à l’épreuve par le biais des formes créés à l’aide de matériaux bruts tels que la lambourde, le livre, le miroir et la peinture. Cette pièce est pourtant tissée de balsa, un bois bien plus fragile et cassant que les lambourdes de pin. Le spectateur va-t-il y trouver un discours politique, qu’il liera à l’origine du bois et au terme sentence, ou encore avec la nouveauté du bâtiment qu’est le lieu d’exposition? Va-t-il entrer dans une lecture plus personnelle et se concentrer sur le terme lui-même ainsi que sur les couches qu’y apportent la forme? Va-t-il d’abord être séduit par cette dernière pour finir par être interrogé sur la dissonance que peut y apporter le sens du mot?

 

Une sentence peut être tant une phrase, qu’une maxime ou qu’un jugement rendu par quelque sorte d’autorité. Dans tous les cas, elle a une portée générale. Dès lors, il est intéressant de noter que le spectateur peut lire ce mot bien plus facilement que dans d’autres travaux de l’artiste. Pourtant, le moment de l’identification est-il le moment de l’oeuvre? Sentence est-il la sentence de ce travail? La couleur vient-elle contredire la lourdeur du mot ou souligner son aspect universel? Il peut-être ardu pour le spectateur de se plonger dans cette pièce; le premier niveau de lecture y est évident et certains pourraient être tentés de s’y arrêter. Pourtant les indices formels de couches supplémentaires sont présents.

A commencer par la monumentalité de l’oeuvre qui empêche le spectateur de la saisir dans sa totalité. Suivie du tissage qui, s’il laisse la possibilité de déchiffrer sentence, permet aussi d’y voir un pluriel ou de lire d’autres mots, fragments de mots.

Celui qui désirera s’attarder un peu plus verra également que la lumière, présente à certaines heures dans l’atrium, dédouble d’ombres la tapisserie. Elle souligne alors des reliefs et des espaces qui forcent l’oeil à considérer la tridimensionnalité de l’oeuvre.

La partie inférieure entre en écho avec le reste de la tapisserie qui elle-même résonne dans l’espace. Les deux surfaces plus denses, appuyées sur le sol telles des fondations, se démarquent de l’horizontalité des autres parties; de la même manière que le pinacle plus clairsemé. Ce qui, de haut en bas peut apparaître comme construit, finit par se démanteler petit-à-petit.

Enfin les reflets - récemment si présents dans le travail de l’artiste - se font plus discrets mais sont bel et bien présents, encadrant l’oeuvre dans les baies vitrées de chaque étage. Ce n’est pas cette fois le spectateur qui apparaît au sein de la pièce, mais l’oeuvre elle-même qui se reflète dans le bâtiment, ajoutant une couche de lecture qui n’est accessible que depuis l’atrium.

 

Si cette pièce rappelle les réalisations inaugurales de l’artiste, on y retrouve également ses questionnements actuels. Dans une oeuvre synthétique de la dernière décennie de son travail, Anouchka Perez nous invite à passer au delà des apparences, à examiner ses formes éclatées et à y lire entre les lignes. La tapisserie apparemment colorée et légère ne permettra pas, au spectateur qui cherche à recomposer un sens nouveau, de se contenter d’un regard ni de faire l’économie d’une profonde réflexion: beyond all reasonable doubt.

Eloi 

À la recherche du temps perdu

linogravure sur balsa

200 x 170 cm

Laurent Marthaler Contemporary, Montreux

Swann

À la Recherche du temps perdu - Marcel Proust

Editions Gallimard

21 x 21 cm

Faites-moi signe et disposez de ma vie

À la Recherche du temps perdu - Marcel Proust

Editions Gallimard

8,4 x 34 cm

Le mieux est de ne rien voir.

 

Et il y eut un jour

 

À la Recherche du temps perdu Marcel Proust

Editions Gallimard

42 x 42 cm